Jeudi 26 juillet 2007 à 2:17

J'avais dormi deux heures, maximum. C'était pas franchement au programme mais Boris avait eu la gentilesse de ne pas me réveiller avant que ça soit nécessaire. Et c'était nécessaire, vu comment les otages s'agitaient. Mais bordel, qu'est-ce qu'ils veulent encore ? Plus ils s'agiteront plus on les réprimandera, plus ils auront peur, plus ils seront anxieux et terrorisés - plus ils seront aptes à faire encore des conneries. Un joli cercle vicieux.
Il y a un problème avec les otages, dumoins moi je trouve que c'est un problème, c'est qu'ils ont une frousse bleue, de nous je veux dire, et je trouve ça énervant. Mais d'un autre côté, si on les laisse nous prendre de haut, ça fera capoter toute l'opération et on pourra mettre en épitaphe "Game Over" sur nos tombes. De toute façon, quelque soit la façon dont je crèverais ça sera mon épitaphe. Quand aux autres... Quand aux autres je ne pense pas que mourir fasse partie d'une façon ou d'une autre de leurs projets immédiats - à savoir les projets des 10 prochaines années et faubourgs.
Alors, c'était quoi, leur putain de problème ? J'étais à moitié réveillé - ce qui, quelque part, est synonyme de "mauvais poil". D'après ce que m'avait dit Liam, l'un d'eux commençait à casser les couilles, genre sérieux, et fallait vite remettre de l'ordre. Evidemment, c'est moi qu'on envoie. Boris avait déjà assomé deux types par accident, on avait donc décidé que c'était à moi de m'y coller. Ou de leur coller des pins, plutôt.
Avec une finesse qui m'était naturelle, j'ai ouvert la porte avec un bon gros coup de tatane en plein milieu, ce qui l'a envoyé directement dans la tête de l'otage qui était juste derrière. Balayant la salle du regard, il me fallu moins de trois secondes pour localiser le type à qui je devais mon réveil. Un grand gaillard plutôt maigre, avec tout l'air d'être une grande gueule. Je l'ai choppé par les épaules, et je l'ai emmené dans la salle d'a côté. Juste histoire de lui refaire le portrait. Résultat : après deux minutes, je lui avais défoncé une pomette, fait deux cocards, et ses deux lèvres étaient fendues. Son nez pissait le sang, bien évidemment. Et j'avais été fair-play : je lui avais laissé une ultime chance de se défendre. Il avait tenté de me balancer un coup au menton, mais avec une telle lenteur que j'en avais profité pour lui briser le poignet. Je l'ai tiré par le cou, ré-ouvert la porte de la salle des des otages avec le même coup de tatane (et la porte a cogné la tête du même otage que la première fois), et j'ai montré cet abruti à toute la salle.
- Le prochain qui nous les brises, c'est deux fois ce tarif là.
A la façon dont leurs yeux se sont écarquillés je pouvais certifier qu'ils avaient compris. J'ai refermé la porte et j'ai été balancer cet abruti dans une autre salle d'otages, ce qui fut accueilli. Il faut avouer que notre cervelle avait bien vu les choses, et ducoup on avait des otages dans quatre salles différentes, plus deux autres salles où on avait attachés les boulets qu'on avait voulu séparer du groupe (et à qui on avait accessoirement refait le visage à grands coups de poings). Le tout extrêmement bien calculé pour que les salles soient à la même distance les unes des autres, ce qui faisait qu'aucune salle ne pouvait être mieux informée que l'autre sur ce qui se passait. De plus, la configuration de cette banque était propre à la défense : une seule sortie, un seul escalier vers les bureaux et le coffre qui se trouvaient être souterrains. A moins que le S.W.A.T. ne décide de faire péter le béton, ils étaient obligés de passer par la porte principale. Les escaliers/ascenceurs donnaient tous dans le hall principal, ce qui faisait qu'investir le toit était totalement inutile. Vu l'épaisseur des murs, ils devraient nécessairement utiliser un sacré paquet d'explosifs pour faire un vulgaire trou, cette option était donc à écarter. La seule option possible pour eux étaient l'entrée principale. Et là, entre notre amoureux du Semtex, Boris et moi-même, ils auraient du fil à retordre. Mais dans l'idéal on n'aurait à tuer personne, ce qui me convenait nettement mieux. Ce qui conviendrait nettement mieux à tout le monde, plutôt. Je suis pas un froussard et tuer quelqu'un avec ou sans arme n'est pas un problème pour moi, toutefois j'ai un minimum de conscience et j'aime pouvoir me regarder dans la glace le matin en ayant pas honte de ce que je suis. La plupart des gens penseraient que je suis (que nous sommes, en fait, j'inclus les trois autres aussi) un monstre. Quelqu'un sans scrupule. Des fainéants qui refusent de travailler. Des maniaques. Des exclus de la société, des rebus. Mais après tout, que ferions-nous de quatre-vingt millions de dollars ? On avait d'autres plans en tête, voyons. Des trucs beaucoups plus drôles. Comme ce que nous faisions maintenant.


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